





Courant 2003, j’ai invité Christophe Floré à exposer dans mon espace Showbedroom (à la fois, lieu d’expo et d’habitation), cette expérience l’amena, en 2006, à la création de son propre espace dans sa maison de Bruxelles, le « Second Room ».
Lors de cette invitation, il présenta entre autres une installation sous forme de salon cosy dans ma chambre que j’avais transformée en salle d’exposition à la création du lieu.
Fin 2008, il m’invita à son tour pour la dernière de son lieu, avant de renouveler son projet dans un espace hors habitation, Third room est une proposition en lien direct avec ce chassé-croisé.






VOIR LES PHOTOS DES CAMERAS CACHEE ICI
J’ai reconstitué dans la salle d’exposition du Second Room, la chambre de Christophe Floré et sa compagne Tania. J’ai ajouté une dizaine d’éléments fictionnels sans que cela soit précisé pour autant au public (poster, livre, photo de famille, objet rare…) brouillant ainsi la représentation directe de leurs intimités.
Deux caméra cachés filment les réactions des habitués du lieu :
Est ce que la salle d’exposition a changé de pièces ? Ou est ce bien l’expo du jour ?
Si ce n’est plus la salle d’expo, dois-je ressortir directement ou bien dois-je en profiter pour mieux connaître mon hôte ?
Si c’est bien l’expo, doit-je tout regarder en détail, voir fouiller, ou bien regarder la scène religieusement comme une installation surveillée par un gardien de musée ?…





Pour ajouter à la confusion, à l’étage supérieur où se trouve habituellement leur chambre, j’ai transformé cette dernière en salle d’exposition, où je présente le travail graphique et maquette de Christophe Floré, faisant découvrir ainsi à certains(nes) sa face artiste et ma face curateur.






Au rez de chaussé, se trouve le salon, où le buffet est servi. Une discrète intervention, découverte par peu de personne lors de la soirée, rappelle que ce salon, lieu de convivialité régulier lors des vernissages, est aussi un espace d’intimité. Pour cela, j’ai placé une caméra durant la semaine précédente, sur la télé, filmant Christophe et Tania regardant une émission blottis sous une couverture. J’ai retravaillé la vidéo de façon à faire croire à un reflet lors de la soirée sur la télé éteinte, mais pour l’œil aguerri, il s’agit en fait d’une rémanence de l’intime quotidien.



En haut de l’escalier menant aux salles d’expositions, se trouve la porte de la chambre où je logeais régulièrement depuis quelques années lors de mes passages à Bruxelles, qui me servait aussi de salle d’enregistrements pour mes émissions radios Damned Art Contemporain et Eros Damned. Pour l’exposition, la porte est légèrement entrebâillée, mais en fait, bloquée. On entend légèrement, une interview en cour pour l’émission Eros Damned. Le public voulant tendre l’oreille pour suivre la discussion se retrouve à gêner les personnes qui veulent monter, et perd le fil de la discussion régulièrement. Il s’agit ici, d’un rappel de ma propre intimité dans ces lieux.



Pour finir, une mise en abîme, en tant que curateur, j’invite un de mes hétéronymes lors de cette exposition, donnant un autre sens aux mots « Second Room » et un double sens, à « Third Room »
Il/ je propose deux choses,
Premièrement, dans le couloir d’accès, à la salle d’expo, (qui d’habitude fait partie de l’espace privé du lieu par sa décoration non dédiée), il présente un travail appelé « voile d’intimité », (titre qui sert également d’indice a la reconstitution tronquée de la chambre).Ce travail consiste à prendre des photos de sa vie privée et de la reproduire de manière hyperréaliste (afin d’induire le doute, s’agit-il d’une photo ou d’un dessin au crayon), tout en les modifiants légèrement (forme visage, couleur des cheveux, suppression d’éléments informatifs,…) Accompagné d’un morceau de lettre manuscrite décrivant le moment photographié. Le doute est laissé, quant à l’identité des personnes représentées, est-ce Christophe , des amis(e)s a lui ou cela n’a-t’il rien à voir ?






Deuxièmement, une performance dans la salle de bain de Second Room, faisant référence à un thème courant de l’histoire de l’art « le bain », ou souvent l’artiste donne ainsi un accès inédit à sa propre intimité (Bonnard, Degas, …)
Durant la soirée, deux modèles ayant participé à Eros Damned pour parler de leur profession, deviennent actrices , chacunnes a leur tour, d’une performance consistant à prendre un bain, comme si elles étaient des occupantes de la maison ayant distraitement oubliée de fermer la porte.
Sur le bord, de la baignoire, des bougies participent au décor avec une bouteille de vin et deux verres. À chaque personne osant dépasser le pas de la porte, elles quittent leur comportement théâtral et rentrent en contact avec la personne en lui proposant de partager un verre avec elles.
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Enfin, toutes ces interventions sont reliées par un fil conducteur faisant référence à notre première rencontre avec Christophe, (lors de la visite mutuelle de nos expositions à Toulouse) où nous avions partagé des visions communes de la forte prégnance de certains groupes musicaux dans notre travail artistique et notre vie amoureuse …
Chaque salle de Second Room comporte donc un calicot donnant un titre à double sens à chaque intervention et diffusant intégralement (comme dans ma troisième émission radio) l’album d’où vient le titre et indiquant sa durée. Cette durée est un indice pour le temps que je proposais de passer dans ces pièces, comme les minutes indiquée pour une vidéo…
"Substance" de "Joy Division" pour les travaux de Christophe,
"The kick Inside" de "Kate Bush" pour le bain,
"Pornography" de "the Cure" pour la chambre.
Third Room